Ceux qui ont choisi de rester chômeurs

Depuis quelques années, le chômage explose et des milliers de jeunes ne savent que faire de leurs journées à part se lamenter.

Cela est dû à plusieurs facteurs, parmi lesquels la crise économique principalement et parfois l’inertie des chômeurs.

Certains diront que le chômage est une fatalité, qu’on ne choisit pas d’être au chômage

C’est malheureux de voir que beaucoup continuent de placer leurs espoirs en l’État alors que ce dernier leur a clairement demandé à maintes reprises de placer leurs espoirs ailleurs, d’aller labourer la terre, de voler de leurs propres ailes,  de se lancer dans entrepreneuriat,  comme ce fut le cas cette année au Cameroun et au Tchad.

Mais bon, pour beaucoup, la logique c’est d’être fonctionnaire ou rien, car chez nous être la fonction publique c’est un prestige, c’est comme avoir réussi sa vie ;

Alors qu’en réalité les fonctionnaires sont parfois les plus malheureux : c’est toujours eux qui souffrent de retard dans le payement des salaires.

C’est ainsi qu’on trouve plein de jeunes diplômés qui passent des années à la maison, avec des rêves de fonction publique qui finissent en cauchemar, le résultat mérité de leur paresse.

Paresse,  préjugés et manque de créativité. 

Quand on cherche,  on trouve forcément. C’est pas les offres d’emplois qui se font rares, mais la paresse excessive fait que parfois on ne peut même pas faire un tour en ville pour s’informer, et même si on trouve un stage, certains refuseront sous prétexte qu’il n’est pas rémunéré, si c’est un emploi, qu’il est mal payé et ainsi de suite.

S’agissant de entrepreneuriat, vouloir se lancer c’est bien,  mais quand les idées ne tiennent pas bien la route on risque de s’écraser rapidement, qu’on obtienne ou non un crédit.

Annadjib

26 Commentaires

  1. Mais bon, pour beaucoup, la logique c’est être fonctionnaire ou rien, car chez nous être à la fonction publique c’est un prestige, c’est comme avoir réussi sa vie

    C’est une logique que les gouvernants ont inculquée aux jeunes. Si je prends le cas du Cameroun, quand le président demande aux jeunes de se lancer dans l’agriculture, se demande-t-il s’ils ont le savoir, les compétences nécessaires pour cela ? Quand un jeune a un BAC A, C ou D que sait-il de l’agriculture ? Rien du tout. Et puis, quelles sont les mesures d’accompagnement, quelles sont les facilités ? Au Cameroun, obtenir un lopin de terre n’est pas donné. A la rigueur, on peut en trouver dans les villages éloignés. Mais, en supposant qu’on parvienne à y développer un activité agricole, que va-t-on faire de sa récolte quand on sait qu’il n’y a pas de route praticable dans une bonne partie du pays ? Voilà la réalité.

    En outre, et toujours parlant du Cameroun, tout ce que l’état fait dans le sens de la création d’emplois concerne la fonction publique. Après ça, comment ne pas rêver d’être fonctionnaire ?

  2. La problématique est la même qu’au Cameroun, mon cher. l’administration publique sinon rien. comme Fotso a dit, c’est certainement une mauvaise implémentation de la part de nos dirigeants qui ne coordonnent pas la formation avec les besoins techniques de nos pays.

  3. Qu’on se voile plus la face hein ! Moi j’aime bien l’angle de ce billet parce qu’il pose bien un vrai problème. Le problème aujourd’hui (ce n’est pas seulement au Cameroun, au Tchad…mais presque partout chez nous en Afrique), les jeunes attendent « TOUT » de l’Etat. Même si cet Etat nous fait croire croire que cela possible.

    Il faut que s’en rende à l’évidence : ce n’est plus possible. On s’assoir, et on dit souvent il n’y a pas de travail, il n’y a pas d’accompagnement…Mais combien de fois certains jeunes postulent? Combien de jeunes rédigent des projets pertinents et réalisables? Ou faut-il attendre les moyens avant de penser son projet? Ou faut-il attendre ou qu’on nous pardonne pour postuler à des offres. Il faut qu’on cultive cet esprit d’entrepeunariat ( on peut commencer avec les moynes de bord et ne pas attendre des millions d’abord. Il faut qu’on cultive cet esprit de postuler chaque jour dans la persévérance et la persévérance.

    Le problème de chômage touche aussi l’Europe et par-delà le monde… Lorsque j’ai demandé à certains de mes amis français à la fin de cette année universitaire, vous savez ce qu’il ressort le plus? « Je vais m’associer avec un ami pour mettre en place une petite entreprise (start up) ; jamais ils m’ont parlé de l’Etat ou d’accompagnement en amont.

    Pour le stage par exemple pour l’avoir ici est un casse tête chinois surtout pour un africain, vous savez combien de fois on postule ( ne serait-ce que pour le stage je ne parle pas d’emploi encore) ? Au moins 10 CV et lettre de motivations par jour, faites le calcul par semaine, par mois…sans oublier les multiples entretiens…Il faut s’armer de courage…Alors je suis d’accord avec ce paragraphe dans ton billet : « Quand on cherche, on trouve forcément. C’est pas les offres d’emplois qui se font rares, mais la paresse excessive fait que parfois on ne peut même pas faire un tour en ville pour s’informer, et même si on trouve un stage, certains refuseront sous prétexte qu’il n’est pas rémunéré, si c’est un emploi, qu’il est mal payé et ainsi de suite »
    Bien à toi très cher 🙂

    1. Benjamin, je ne sais pas trop si les contextes sont les mêmes, mais je pense que la réalité au Cameroun n’est certainement pas la même qu’en France (et peut-être en Côte d’Ivoire). Quand tu dis, « Mais combien de fois certains jeunes postulent? », moi j’ai envie de te demander Postuler à quoi ? Tu parles de ces jeunes qui n’ont aucune formation qui leur permette d’exercer un métier ? Parce qu’un BAC, même un licence dans certaines filières ici chez moi, ne servent absolument à rien, s’il faut trouver un emploi. A quoi vont-ils postuler ? Avec quelle compétence vont-ils postuler ? D’ailleurs, quelle sont les offres d’emploi ici ?
      Je vais te dire, celui qui emploie le plus au Cameroun, c’est le gouvernement. Et c’est via des concours d’intégration, ou des concours d’entrée dans les grandes écoles. Maintenant, va voir combien de jeunes déposent les dossiers et concourent pour avoir accès à l’emploi. Pour 35 places tu peux avoir 5000 candidats et plus. Les jeunes ici, ils postulent. Juste que le choix n’est pas large.
      Par la suite, tu parles de rédiger des projets pertinents et réalisables. Mais, BenJ, on ne se lève pas un beau matin pour rédiger un projet. Il y a une méthodologie, il y a une démarche. Et tout ça s’enseigne, tout ça s’apprend. Quel établissement secondaire a des cours pour cela ? Au Cameroun il n’en existe pas. Alors, tu veux que les jeunes montent des projets sans savoir comment s’y prendre ? Impossible. C’est à ce niveau que je parle d’accompagnement.
      Le gouvernement devrait initier les jeunes à l’entrepreneuriat. On doit cultiver l’esprit d’entrepreneuriat, comme tu l’as dit. Qui ON ? C’est trop facile de dire que les jeunes sont paresseux (et oui, certains le sont vraiment), mais reconnaissons que les gouvernements ne font pas le minimum pour faciliter la tâche à ces derniers.

  4. Les raisons sont plurielles…
    Si on a un BAC A ou D, et si on aime l’agriculture pourquoi vouloir attendre que ce soit l’école qui nous forme à tout?
    Avec Internet aujourd’hui (vous me direz que tout le monde ne l’a pas), on a une mine inestimable d’informations de tous ordres.
    De nos jours, il faut s’auto-lancer et ça n’est pas nos Etats qui en donnent les moyens.

    1. Roger, certaines activités requièrent une formation pratique. On ne se forme pas en agriculture ou en élévage simplement en lisant des cours sur Internet. Et je pense que l’Etat doit offrir des facilités aux jeunes. Ce n’est pas au jeune de construire les routes pour acheminer ses productions non ?

      1. On peut se lancer soi même en autodidacte aussi. Et compléter par après. Nous les francophones on craint toujours de se lancer et réclamons forcément d’avoir été sur le banc de quelque chose avant de le faire.
        Je ne dis pas que l’Etat ne doit pas le faire.
        Pour les routes, c’est un autre débat même si c’est lié.

  5. Benj a raison mais Wilkfinkam n’a pas tord. Cependant, tout est d’abord une question de volonté et de contribution. Comme l’a si bien dit Fatakaya, chacun doit jouer son rôle.

  6. Un article bien pertinent et qui souligne les réalités alarmantes. Je rebondis sur la partie « entrepreneuriale »: en effet, l’entrepreneuriat s’impose aujourd’hui sur le continent africain comme une réponse clé au problème du chômage grandissant des jeunes. Mais il est primordial de ne pas se lancer dans le vide. L’accompagnement à toutes les étapes de la création est un gage de réussite et de pérennité pour l’entreprise. L’entrepreneuriat est encore au stade embryonnaire dans une majeure partie des pays africains (et en occurrence au Tchad), et une meilleure promotion de cet écosystème entrepreneurial sera une 1ère phase essentielle à son développement.
    Bravo pour ton apport pertinent au regard de la situation locale.

  7. Les incubateurs pour accompagner les jeunes qui ont des projets et les aider à trouver des financements. ça marche au Sénégal, Kenya, Ethiopie,…pourquoi pas au Tchad, Cameroun,…

    1. Des incubateurs existent bel et bien au Cameroun. Et des projets en émergent. Mais pour être incubé il faut pouvoir concevoir un projet viable. Tout le monde n’a pas cette faculté là. On ne peut pas compter sur les incubateurs alors que l’état ne met pas en place des structures pour accompagner les jeunes. Combien de jeunes savent ce qu’il faut pour monter un projet avant d’aller le soumettre à un incubateur ? Voilà un aspect sur lequel les gouvernements pourraient accompagner, puisqu’on n’enseigne pas ça dans nos écoles secondaires

  8. Je partage le point de vue de l’auteur de cet article a 100%, et je profite de cette occasion pour l’en remercier pour cette initiative, qu’est celle du réveil des consciences des jeunes « en veille ».
    J’ai vécu au Cameroun pendant 3 ans et de ce fait pense avoir une certaine expérience pour avoir un point de vue « presque » objectif, sinon objectif. Ayant vécu une grande partie de ma vie au Tchad, et avec une modeste expérience dans l’entrepreneuriat au Cameroun, je peux vous assurer, et la grande partie de ceux qui se « battent » confirmeront mes dires, que le véritable problème des jeunes est d’ordre psycho-culturel. En effet, d’abord le mot « entrepreneuriat » fait trop peur, sous-entend des millions et a trop de risque, ou encore parce qu’ils n’ont pas des « possibilités »(je vous rappelle que tous se passe toujours dans la tête). Le problème est aussi culturel, car la culture entrepreneuriale s’installe encore petit a petit.
    Le gouvernement n’a pas créé un climat favorable pour faire du « business », et puis quoi ? on doit croiser les bras et attendre le temps que cela soit fait ? On n’a pas assez d’argent(Capital) pour commencer ce « petit business », et puis quoi ? On doit attendre le temps que cela tombe du ciel ? Et le smartphone qu’on a entre les mains ? On n’a pas des parents hauts-placés pour nous faciliter l’intégration dans ce monde, et puis quoi ? on doit attendre le temps qu’un proche soit nommé ministre ? Les routes ne sont pas construites pour acheminer les produits de la récolte ? On attend le temps que l’État le fasse ? C’est la seule issue possible ? Comment les autres font pour s’en sortir ? Sont-ils des génies? Ils ont deux cerveaux ? C’est vraiment outrant! toutes ses questions(raisons) évoquées çà et là pour se consoler(justifier ) et rester dans son monde a jamais.
    N’ayons pas peur; osons; fonçons tout en ayant FOI en nos CAPACITES,en la REALISATIONS de la « chose ».
    J’ai foi en nos capacités et je suis convaincu que nous somme plus intelligent et créatif que nous ne le pensons, nous somme le moteur de l’économie de nos pays respectifs. Ne baissez pas les bras mes frères.
    Mettre en place un projet et le réussir n’a jamais été une chose facile, mais possible, mais si on croise le bras en attend un certain sauveur, alors ce projet devient impossible.

    Sans rancune, un frère qui croit en vous et en vos capacités.(et désolé pour les fautes d’orthographe/grammaire)

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