Début décembre, la censure du net à été levée au Tchad, ce qui veut dire que plus besoin d’utiliser certaines applications pour contourner la censure et accéder à des réseaux sociaux et autres sites jugés « peu recommandables » par le gouvernement.
Très tôt, des réjouissances et même un communiqué dans lequel on affirme que la censure pendant 235 jours a coûté près de 18 millions d’euros à l’économie tchadienne, on sait pas comment ils en sont arrivés pour trouver ce chiffre mais bon, c’est le Brookings institute qui le dit…
Ce qu’il faut comprendre c’est qu’avec ou sans censure on sait pas vraiment à quoi servent les taxes sur les opérateurs téléphoniques à part saigner à blanc les pauvres consommateurs.
Je ne connais pas le prix des forfaits internets dans tout les pays de la sous région, mais comparé au Cameroun voisin les forfaits tchadien sont au minimum 10 fois plus chers. Ainsi avec ou sans censure le coût élevé d’Internet est un sérieux handicap.
On a une très mauvaise expérience du web.
Que peut-on faire avec le forfait 20 MB à 500 fcfa, soit près de 0,90 euros ? Rien, si on utilise un PC ou même des navigateurs comme Chrome sur Smartphone le forfait fait rarement plus de 10 minutes. Alors on utilise les anciennes versions du navigateur mobile Opéra mini et on désactive les images pour profiter le plus longtemps possible de nos maigres forfaits. Cette utilisation d’Internet n’est pas vraiment conviviale, on a difficilement accès à certains sites de plus en plus friands de Cookies, et on préfère passer le temps sur des réseaux sociaux et non profiter réellement du web.
On ne peut s’auto former.
Vous connaissez les M.O.O.C cet acronyme anglais utilisé pour désigner les différents cours qu’on peut faire à distance, ici c’est pratiquement impossible sauf si l’on veut se ruiner (les cours sont parfois gratuit, internet non), les vidéos didactiques, les tutoriels sont à la fois si proches et si éloignés de nous. Avant d’ouvrir une vidéo YouTube ou télécharger un document on compare d’abord sa taille avec notre forfait.
Pas de contenu approprié.
Parfois à des fins académiques je fouille un peu partout le web, et le constat c’est que plus de 2/3 du contenu internet ayant lien avec le Tchad est rédigé par des sites étrangers et surtout pas d’OpenData concernant le pays.
C’est ainsi que pour moi l’un des défis principaux pour les blogueurs et acteurs web tchadien c’est d’oeuvrer pour avoir un contenu de qualité au pays.
En attendant on essaie de se mobiliser, mais je vous cache pas qu’on est inefficace car c’est pas une priorité pour tous les internautes.
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