Annadjib Ramadane

Au Tchad, un forum pour relancer le nom de domaine « .td »

Du 17 au 18 décembre 2019, a eu lieu à N’Djamena le Forum DNS Tchad, qui avait pour thème : Le .TD, notre identité numérique.

Les objectifs du forum étaient entre autres :

  • Rendre disponible le nom de domaine .td aux citoyens tchadiens et aux institutions ;
  • Présenter les opportunités des TIC à la population ;
  • Accroitre la création de contenus sur le web.

Avant de continuer, rappelons que le nom de domaine « .td » existe depuis une vingtaine d’années, et compte près de 485 utilisateurs. Un chiffre insignifiant, s’expliquant par diverses raisons évoquées précédemment dans l’article : 3 idées pour promouvoir le contenu local tchadien sur internet.

Ce Forum consistait donc à donner un souffle nouveau au nom de domaine « .td » et à la création de contenus à travers des partages d’expériences avec des pays plus expérimentés sur le domaine.

Concrètement, on note des changements plus ou moins significatifs.

Le lancement de la plateforme NIC TCHAD

Le service NIC est l’organisme chargé de la gestion administrative et technique des noms de domaine en « .td ».

Capture d’écran de la plateforme Nic Tchad

La plateforme Nic Tchad est semblable à celle du Sénégal ; elle permet :

  • de s’enquérir de la disponibilité d’un nom de domaine ;
  • de consulter la liste des registraires agréés et leurs critères d’accréditation ;
  • d’avoir accès à la Charte de Nommage du « .td » : le document fixant les modalités de gestion administrative, technique et commerciale des noms de domaine internet « .td ».
On peut acheter un nom de domaine « .td » sur Gandi

Normalement, seuls les cinq registraires agrées par Nic Tchad peuvent revendre le nom de domaine, cependant, on le trouve en vente sur d’autres sites internet à des prix élevés.

Un prix moins élevé pour le nom de domaine « .td »

Le nom de domaine « .td » qui coutait auparavant 62.000 Fcfa, coute aujourd’hui 30.000 Fcfa. Malgré la baisse significative du prix, le nom de domaine est toujours considéré comme cher par les particuliers ; surement à cause de l’habitude de comparer son prix à celui des noms de domaine étrangers.

Le nom de domaine coute 30.000 Fcfa.

Pourquoi devrais-je acheter un nom de domaine « .td » à 30.000 Fcfa, alors que je pourrais avoir un nom de domaine « .com » à 9.000 Fcfa ?

Un participant au Forum DNS Tchad

Une question qui pourrait trouver réponse dans l’intervention du Pr Alex Corenthin, lors d’un débat sur le nom de domaine sénégalais.

Une politique de promotion du contenu local pas claire

Lors du Forum DNS Tchad, il a été recommandé la vulgarisation du nom de domaine « .td » :

En mettant à la disposition de chaque structure nécessiteuse un nom de domaine intégral via les bureaux d’enregistrement

Dr Idriss Saleh Bachar, Ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

Cependant, l’aspect qu’on évoque le moins, c’est qu’un nombre élevé d’utilisateurs, ne garantit  pas forcément des contenus tchadiens de qualité sur internet. On pourrait obliger les structures gouvernementales et entreprises à acquérir le nom de domaine « .td », mais s’il n’y a pas de contenus, notre identité numérique ne serait qu’un leurre.

Un aspect crucial qui mérite réflexion, car le « .td » doit être avant tout, une fierté.

Annadjib.


Pour un usage plus responsable des réseaux sociaux au Tchad

Le 2 décembre, à l’occasion de la Journée nationale de prière pour la paix et la cohabitation pacifique, le Président de la République, lors de son intervention, s’est exprimé sur l’usage qui est fait des réseaux sociaux au Tchad :

« Je m’adresse particulièrement à la jeunesse, génération des années 90 et 2000 qui n’a pas vécu les affres de la guerre, vous utilisez mal les réseaux sociaux »

Idriss Deby Itno

Cette intervention, faisant référence à « la culture du communautarisme » qui sévit depuis un bon moment sur les réseaux sociaux, a eu le « mérite » de ramener la question de l’usage des réseaux sociaux dans le débat public. S’en sont suivis quelques débats, conférences, analyses et interventions sur le sujet, puis rien d’autre.

S’il est vrai que l’usage fait des réseaux sociaux par une partie des internautes tchadiens (jeunes et vieux) peut être qualifié de très mauvais, il est regrettable de voir qu’on ne cherche pas à savoir quelles sont les causes réelles du problème et quelles pourraient être les solutions. On pourrait en parler tous les jours et organiser des débats, mais sans action concrète, rien ne changera.

Avant tout : Identifier les causes du problème

Il y a quelques mois, on parlait sur le blog de la prolifération sur les réseaux sociaux de contenus plus violents les uns que les autres : vidéos, photos et textes reflétant un malaise de société. Dix mois plus tard, on en parle toujours. Les débats et grands discours n’ont rien changé à ce qui se passe sur les réseaux sociaux.

En réalité, on dénonce sans se demander pourquoi les internautes tchadiens utilisent mal les réseaux sociaux.

Si les internautes partagent régulièrement de fausses informations, le font-ils exprès, ou parce qu’ils ne savent pas distinguer une vraie information d’une fausse ?

Si un tel tient un discours communautariste, est-ce pour nuire à autrui, ou parce qu’il pense être dans son droit à s’exprimer librement ?

Si un tel poste régulièrement des blagues « déplacées » pour s’amuser, sait-il que cela pourrait lui couter cher dans certaines circonstances ?

Il faudrait donc au préalable identifier les causes de la mauvaise utilisation des réseaux sociaux au Tchad avant d’y trouver des solutions.

Chercher des solutions concrètes

Vu que le mauvais usage qui est fait des réseaux sociaux au Tchad pourrait s’expliquer par différentes causes, il est important d’y chercher différentes solutions.

Cela devrait passer nécessairement par d’énormes efforts de sensibilisation et de formation à l’usage des réseaux sociaux pour toutes les tranches d’âges, pour que le plus grand nombre comprenne la spécificité des différents réseaux sociaux, leurs règles et conditions d’utilisation.

Lycéennes lors d’une formation sur les usages du numérique. Photo : Annadjib Ramadane

Même si avec les grands moyens de l’Etat il serait difficile d’atteindre tout le monde, on pourrait former des associations et personnes qui seront chargées de former les autres à leur tour. Cela, pour le bien de tous.

Annadjib


Au Tchad, un mois pour parler de citoyenneté numérique

Au Tchad, cette année marque la 5ème édition du Novembre Numérique qui est Co-organisé par l’Institut Français au Tchad et l’association WenakLabs. Le thème de cette année est : « La citoyenneté numérique ». Un concept très pertinent vu le contexte numérique tchadien.

Depuis quelques années, à chaque mois de novembre, est organisé par les Instituts français à travers le monde le Novembre Numérique. C’est un mois où l’on met en avant les cultures numériques dans leurs formes les plus diverses. Conférences, ateliers, expositions et formations s’enchainent durant ce mois des cultures numériques.

C’est quoi la citoyenneté numérique ?

Commençons par le mot « Netizen » ou « Citoyen du net » qui désigne  :

« Un utilisateur actif du web qui participe à la dynamique du réseau Internet comme un citoyen participe à la dynamique de la société. »

Wikipédia

Dès cette première définition, on comprend déjà que l’aspect « contributif » a une importance particulière.

L’UNESCO de son côté défini la citoyenneté numérique comme :

« Le fait de posséder des équipements et des compétences TIC qui permettent de participer à une société numérique, par exemple d’accéder à des informations gouvernementales en ligne, d’utiliser des sites de réseaux sociaux et de faire usage d’un téléphone mobile. »

Dans cette seconde définition, il ne suffit pas seulement de contribuer à la société numérique, mais il faut avoir des compétences pour le faire. Ce qui nous amène à nous interroger sur l’internaute tchadien. Contribue-t-il positivement sur le web et a-t-il certaines compétences pour le faire ?

Quels citoyens numériques sommes-nous au Tchad ?

Comme expliqué dans un ancien billet de blog, le numérique est encore mal appréhendé au Tchad. L’usage qui en est fait par la majorité pourrait être qualifié de  « stérile », surtout en se référant aux 2 aspects cités plus haut.

Aspect contributif : l’internaute tchadien, une faible participation à la société numérique

S’il est vrai que l’internaute tchadien participe d’une certaine manière à la société numérique en utilisant les réseaux sociaux et les médias sociaux, sa participation est essentiellement récréative et passive : pas de créations de contenus à valeur ajouté, pas d’utilisation citoyenne des médias sociaux, pas de participation dans le débat numérique local et pas d’utilisation purement professionnelle.

Une situation qui pourrait s’expliquer par le manque de compétence numérique de l’internaute tchadien.

Aspect compétence : encore beaucoup à apprendre pour l’internaute tchadien

La compétence numérique est essentielle si l’on veut participer activement à la société numérique. Cela passe par la compréhension des enjeux liés au numérique : sécurité, protection des données, confidentialité, encadrement juridique, éducation etc.

L’enseignement numérique dans les écoles ne doit pas se limiter à Microsoft Office. Photo : Annadjib Ramadane

Une compétence numérique qui fait défaut à beaucoup car notre système éducatif n’y est pas encore préparé. La nouvelle génération est tombée en plein monde numérique et peine encore à le  maitriser ; quant à l’ancienne, elle est carrément un peu perdue… On pourrait se dire que l’autoformation est une solution à ce manque flagrant de compétence numérique, encore, faudrait-il savoir quoi et comment apprendre ?

D’où le novembre numérique…

Affiche du Novembre Numérique

Durant tout le mois de novembre, il y aura pleins de formations, de compétitions, d’ateliers et de conférences s’adressant à toutes les tranches d’âges, car il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour apprendre.

Un mois, c’est un délai qui peut être jugé relativement court pour bien appréhender le concept de Citoyenneté Numérique. Mais bon, l’important c’est les pistes de réflexions qui permettront à ceux qui le veulent vraiment, de devenir de vrais citoyens numériques.

En attendant, on vit bien notre citoyenneté numérique de « seconde zone ».

Annadjib


Ma visite à Gaoui

Il y a quelques jours, j’étais en visite à Gaoui, village situé à une dizaine de kilomètres du centre ville de N’Djamena. Gaoui est un village qui est plus ou moins connu de nom par les N’Djamenois, sûrement parce qu’il est proche du célèbre camp des retournés centrafricains, dit « de Gaoui » et aussi parce que les jeunes de la capitale n’ont pas l’habitude d’explorer les villages environnants.

Quoi qu’il en soit, le village de Gaoui est un site historique tchadien. Il a été selon les historiens, la capitale de la civilisation Sao. Un peuple ayant vécu dès le VIIème siècle vers le Lac Tchad, et connu pour sa grande taille, sa robustesse et surtout sa maîtrise de la poterie et de la céramique.

Poterie musée de Gaoui
Poteries Sao exposées au Musée de Gaoui.

Aujourd’hui, le village de Gaoui abrite le musée Sao, et est principalement peuplé par leurs descendants : les Kotokos ; qui sans aucun doute, ont hérité du talent de leurs ancêtres dans l’art de la poterie.

Le musée Sao de Gaoui

Le musée de Gaoui est situé à l’entrée du village, juste près de la grande mosquée. Il nous aura fallu attendre quelques minutes avant que le guide et le gardien du musée ne viennent pour nous ouvrir les portes et nous expliquer le déroulement de la visite.

Entrée musée de gaoui
Entrée du musée de Gaoui.

Le bâtiment qui abrite actuellement le musée est l’ancien palais du sultan de Gaoui. Selon le guide, il date du 19ème siècle et est donc l’un des plus anciens bâtiments du Tchad.

musée de gaoui
Le musée de Gaoui.

Dès l’entrée au musée, on trouve dans la cour des jarres funéraires Sao (les morts y étaient placés à l’intérieur en position fœtale), des jarres similaires sont exposées au Musée National de N’Djaména.

Jarre funéraire Sao.
Jarre funéraire Sao.

Le musée de Gaoui a 6 différentes salles dans lesquelles sont exposées différentes œuvres Sao : vases, poteries, figurines humaines et animales, instruments de chasse et de pêche, instrument musicaux, habits des anciens notable, photos d’époque, documentation, etc.

Instruments de chasse Kotoko au musée de gaoui.
Instruments de chasse Kotoko au musée de Gaoui.

Sauvons le musée…

Bien que le musée de Gaoui abrite des objets historiques importants, il a l’air de tomber en ruine. Les dernières rénovations du musée datent de 2007, et entre temps, lors de la saison des pluies, de la boue dégouline du plafond et atteint même certaines œuvres.

figurine Sao au musée de Gaoui.
Figurine Sao en mauvais état.

Les termites, de leur coté grignotent du mieux qu’ils peuvent les biens laissées à leur portée.

Instrument Musique Gaoui
Instrument de musique Sao en bien mauvais état.

La bibliothèque, située à l’entrée du musée, se résume à 4 étagères et ne survit que grâce aux dons.

Gaoui Bibliothèque
Vue d’une rangée de la bibliothèque de Gaoui.

Une situation qui n’a pas l’air de préoccuper nos hautes autorités, meme si en 2018, les médias parlaient déjà de la menace qui plane sur le musée.

Une fois la visite du musée terminée, nous sommes allés à la rencontre des potières du village.

À la rencontre des potières de Gaoui

Gaoui est un village réputé pour sa poterie. Les femmes du village maîtrisent cet art légué par leurs ancêtres les Sao.

Jarres, pots d’encens, assiettes et couverts en céramique sont exposés dans la cour des maisons qu’on a eu à visiter.

Jarres de Gaoui
Jarres de Gaoui.

Malheureusement pour nous, nous sommes arrivés le lendemain de la cuisson de l’argile.

poterie Gaoui
Poteries entrain de secher au soleil.

Nous avons donc manqué le processus de création de ces superbes œuvres d’art.

Gaoui, une ville calme

Gaoui est un village composé de 4 quartiers. En mâtinée les rues sont quasiment désertes. On ne voit que des vieillards causant sous un arbre et des d’enfants jouant. Une situation s’expliquant par le fait qu’en journée, la plupart des habitants vont dans la capitale pour travailler et ne reviennent que le soir.

Mosquée de Gaoui
Mosquée de Gaoui

Les ruelles des quartiers sont étroites et les murs des habitations sont pour la plupart en terre et recouverts de jolis motifs, seuls quelques bâtiments en brique rouge ajoutent un air moderne au décor du village.

Ruelle de Gaoui
Ruelle de Gaoui.

Notre visite s’est terminée par la traditionnelle visite au palais du sultan. On a pu rencontrer le sultan et partager avec lui du thé.

Palais sultan de Gaoui
Le nouveau palais du sultan de Gaoui.

 

Quelques photos du village

Vue de Gaoui
Vue de Gaoui depuis la terasse du musée.

Musée de Gaoui
Figurine Sao exposée au musée de Gaoui

Fillettes Gaoui
Fillettes jouant dans un des quartiers de Gaoui.

Vue du musée de Gaoui.

Vue sur la porte d’entrée du musée de Gaoui.

Quelque part au musée de Gaoui.

Si vous êtes à N’Djaména, ou si vous passez au Tchad, n’hésitez pas à visiter Gaoui, le village où l’on trouve les meilleures potières du Tchad.

 


BlogDay : un trio pour parler du blogging au Tchad

Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, le 31 août est la journée mondiale du blogging. Le #BlogDay est une journée spéciale pour la plupart des blogueurs du monde entier. Elle est fêtée à coup d’articles (comme celui-ci), de photos, de vidéos, de hashtags ou de divers événements de promotion de cette belle passion.

Mais le #BlogDay est aussi une occasion pour mettre de côté les principaux sujets qui alimentent nos blogs et de parler des différentes visions qu’on a de ce bel art. Une occasion pour faire le bilan de nos réalisations, qu’elles soient personnelles ou communes. Une occasion pour se lancer des défis, ou tout simplement raconter nos vies « spéciales » de blogueurs.
Dans ce billet un peu spécial, je ne serais pas le seul à raconter ma vie. Je serais en compagnie de la cousine Sandrine Naguertiga et de Salim Azim (qui a accepté pour une journée de sortir de sa retraite de blogueur).

Sandrine Naguertiga : militer pour plus de féminité dans le blogging au Tchad

Sandrine Naguertiga.
Sandrine Naguertiga. Photo : Annadjib Ramadane.

En cette journée très symbolique, rappelée ci-dessus par mon frère Annadjib, il est très important pour moi, de rappeler l’importance des femmes dans les TICs. Le blogging est très malheureusement souvent associé, ici au Tchad, à de l’activisme politique. Or il n’y a pas que ça. On observe aujourd’hui sur la toile de nombreuses femmes africaines qui ont su faire du blogging un véritable levier de développement socio-économique.

Nombreuses à l’instar de la franco-senegalaise Fatou N’Diaye (BlackBeautyBag) ont su user du blogging pour en faire une activité fructueuse et génératrice de revenus. D’autres usent aussi du blogging pour fédérer une communauté solide autour de leurs visions, engagements, combats… Il va sans dire que la femme tchadienne a plus que jamais sa place dans le blogging et peut réussir à changer l’image négative ou effrayante qu’on a du blogging actuellement.
Sachons utiliser ces outils à notre portée et produire du contenu en rapport avec une vision de développement socio-économique.

Mes chères sœurs, si vous hésitez encore, ce n’est plus le moment : foncez et croyez en vos capacités!

Salim Azim Assani : « Non, je n’ai pas cessé de bloguer ! »

Salim Azim
Salim Azim. Le geek du Sud. Photo : Annadjib Ramadane.

Annadjib, mon filleul, me relance souvent sur le fait que je ne blogue plus. Une manière pour lui de me mettre la pression afin que je reprenne les choses en mains, si je peux ainsi dire.

En réalité je n’ai pas cessé de bloguer, c’est plutôt une sorte d’hibernation due à mes engagements professionnels et aussi communautaires. De l’inspiration, il ne m’en manque pas, mais le temps, oui. Par contre, je suis de près la blogosphère tchadienne et continue à avoir mon mot à dire. Au Tchad, la première vague des blogueurs s’est quasiment éclipsée, laissant place à une nouvelle, mieux outillée et plus pointue en terme de rédaction. Seuls quelques rares blogueurs comme Cherif Adoudou tiennent encore la ligne.

En cette journée internationale du blogging, j’ai décidé de faire une sorte de come-back par l’entremise d’un tweet sur lequel m’a identifié Mahmoud Sabir.

L’occasion pour moi de co-signer ce billet avec mes camarades Sandrine et Annadjib.

En réalité, je n’ai pas cessé de bloguer, car je signe de temps à autre des billets sur diverses plateformes collaboratives ou encore militantes. J’annonce d’ailleurs le lancement prochain de mon blog legeekdusud.com, qui promet apporter du contenu original et à valeur ajoutée.

Annadjib Ramadane : « Je pense qu’il est temps pour nous d’innover en terme de contenus et de prendre des initiatives pour promouvoir le blogging au Tchad »

Ça fait déjà trois ans que je tiens ce blog.

J’écris toujours avec le même plaisir et la même passion qu’à l’époque où il me suffisait juste d’un smartphone et d’une connexion internet, car il y a encore tellement de choses à raconter sur ce beau pays qu’est le Tchad.

Chaque voyage ou sortie, est pour moi l’occasion de raconter nos magnifiques paysages, nos charmantes villes, nos richesses culturelles, notre peuple tellement accueillant…
Mais parfois, je me dis qu’il est peut être temps pour les blogueurs tchadiens de proposer de nouveaux types de contenus à leurs lecteurs. Pourquoi se limiter aux textes et photos, alors que la vidéo a une place de plus en plus importantes auprès des internautes ?

N’est-il pas temps de prendre des initiatives, que ce soit au niveau collectif ou individuel pour promouvoir le blogging au Tchad ?

Quoi qu’il en soit, il y a de belles surprises en préparation.

Bonne fête aux blogueurs et merci à vous, lecteurs et lectrices, car tout ça c’est grâce à vous.

Billet co-écrit avec Sandrine Naguertiga et Salim Azim Assani.


Au Tchad, la levée de la restriction des réseaux sociaux annonce des jours meilleurs pour le numérique

Le samedi 13 juillet restera un jour mémorable pour beaucoup d’internautes tchadiens. Après presque de 16 mois de restriction des réseaux sociaux au Tchad, le record de blackout numérique en Afrique selon Reporters sans frontières, le président de la république a annoncé, à la surprise générale, la levée de la restriction des réseaux sociaux lors d’un discours qui a eu lieu à la clôture du forum Tchad Numérique.

Finis donc les VPN, ces applications servant à contourner la restriction des réseaux sociaux et consommant une partie des forfaits internet, finis les lettres ouvertes et les dénonciations à coup de hashtags. Les internautes tchadiens sont désormais libres de s’exprimer et de donner leur avis en ce qui concerne la gestion de la chose publique.

La levée de la restriction des réseaux sociaux est avant tout un retour à la normale. On peut s’en féliciter ou s’en réjouir, ça dépend de tout un chacun. Mais pour moi, c’est aussi un signe annonçant des jours meilleurs pour le numérique au Tchad.

Une nouvelle dynamique pour le numérique au Tchad

Ces derniers mois, j’ai pu observer qu’il y a une certaine dynamique qui est en cours au Tchad. Notamment via la nomination de personnes jeunes, compétentes et surtout conscientes de ce que le numérique peut apporter au Tchad :

  • En avril dernier, a été organisé à l’Assemblée nationale une journée d’information sur les secteurs des postes et des TIC à l’endroit des députés, qui, pour la plupart sont des personnes âgées et un peu en déphasage avec le numérique ;
  • Des rencontres avec différentes associations évoluant dans le domaine du numérique au Tchad ont été entreprises ;
  • Le 13 juillet a été inauguré le réseau de fibre optique N’Djaména – Adré, qui permettra de baisser énormément le coût d’internet au Tchad et qui, selon les mots du ministre des postes et NTIC, « marque indubitablement l’évolution du numérique et son apport sur l’Economie de notre pays » ;
  • Et du 11 au 13 juillet 2019 a eu lieu à N’Djaména le forum Tchad Numérique qui s’est conclu par la levée de la restriction des réseaux sociaux.

Tous cela montre à suffisance que la situation change. Et même si pour le moment il y a plus de promesse que d’actes, on est en droit d’espérer un avenir meilleur, car même ceux qui hier négligeaient tout ce qui a trait au numérique se le réapproprient aujourd’hui.

Une réappropriation du numérique par le gouvernement

Le gouvernement tchadien qui était d’abord dans une certaine logique de négligence des réseaux sociaux est en train de se les réapproprier. Notamment en commençant à communiquer de plus en plus via ces plateformes et les sites web officiels. Même si cette communication n’est pas encore optimale, car certains ministères n’ont pas encore sauté le pas, ça fait toujours plaisir de savoir ce qui se passe quotidiennement dans nos différents ministères.

Juste après la levée de la restriction des réseaux sociaux, 4 pages Facebook officielles du gouvernement ont obtenu le badge bleu.

Peut-être un signe du réseau social pour nous dire qu’il suit de près ce qui se passe chez nous.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas oublier que la balle est dans le camp des internautes tchadiens. Ils doivent faire comprendre aux gouvernants que la levée de la restriction des réseaux sociaux n’est pas inutile. Surtout en publiant plus de contenus positifs et en utilisant de manière plus responsable les réseaux sociaux.

Pour conclure, méditons sur ces mots du président de la république :

Exprimez-vous en toute liberté ! Donnez votre avis sur la conduite des affaires publiques ! Critiquez librement l’action de vos gouvernants ! C’est votre droit le plus absolu comme je l’ai toujours affirmé.

Mais je vous exhorte à ne pas contribuer à répandre les idées rétrogrades et autre « fake news » qui, à force, fragilisent le lien social et finissent par ébranler la concorde nationale.

Annadjib.


L’internaute tchadien à l’épreuve des fake news

Le 17 juin est apparu sur mon fil d’actualité Facebook une vidéo montrant une femme en culotte se faire poignarder jusqu’à la mort part deux individus. Selon la description de la vidéo, il s’agit d’une Tchadienne qui travaillait comme domestique au Koweït. Après avoir laissé par inadvertance l’enfant de ses employeurs tomber du haut d’un balcon, ses employeurs l’auraient froidement assassiné. D’où la fameuse vidéo.

Un célèbre site web tchadien, le premier à avoir partagé la vidéo, a même mis sur son site trois messages audio, dans lesquels on entend des femmes tchadiennes affirmer connaitre la victime (elles ont mentionné son nom) et dire que la représentation diplomatique tchadienne au Koweït est au courant de l’affaire, mais n’en a rien à faire.

Capture d'écran du site web tchadien qui a relayé la vidéo.
Capture d’écran du site web tchadien qui a relayé la vidéo.

L’habitude : s’indigner avant de vérifier la source de l’information

Avant tout, il est normal qu’une vidéo de ce genre puisse choquer. Mais il faut aussi savoir que les histoires de domestiques qui se font assassiner dans les pays du golfe sont monnaie courante et dans les réseaux sociaux, la plupart du temps, des vidéos et photos circulent sans que l’on puisse trouver leurs origines.

Alors on a tendance à très vite s’indigner et à partager sans même avoir vérifié si l’information en question est vrai. Dans le cas de notre vidéo, beaucoup d’internautes tchadiens n’ont pas hésité à faire circuler la vidéo en jouant les indignés et en maudissant le Koweït. Et vu que la vidéo en question était accompagnée de messages audio, certains internautes téméraires n’ont pas hésité à faire des lives Facebook et à interpeller le gouvernement tchadien.

Alors qu’en réalité, il le ne s’agit pas d’une Tchadienne sur la vidéo et ceux qui ont écouté avec attention les messages audio peuvent facilement deviner qu’il ne s’agit que de suppositions.

Le bon réflexe : toujours vérifier la source de l’information et dans le doute s’abstenir de partager

Mon premier réflexe en regardant la vidéo était de vérifier si elle ne comportait aucun montage et s’il s’agissait vraiment d’une Tchadienne. Car dans ce genre de vidéos, les internautes de n’importe quel autre pays où les femmes vont travailler au Koweït peuvent affirmer qu’il s’agit d’une de leurs compatriotes.

Pour faire mon travail de vérification, j’ai d’abord utilisé la barre de recherche Facebook en utilisant les mots clés suivant : « Koweït – assassinée – domestique ». Résultat, je suis tombé sur une vidéo d’un site d’information malgache qui date du 18 mars 2019 (soit près d’un mois avant son apparition au Tchad) qui montrait un extrait de la vidéo en affirmant qu’il s’agit d’une domestique de nationalité malgache tuée au Koweït.

Après cette trouvaille, j’ai utilisé InVid, un outil plus précis de vérification d’images et de vidéos. Les résultats d’inVid m’ont redirigé vers un site gore hébergé en Europe de l’est. On y trouve des vidéos d’assassinats, de tueries de viols et autres.  J’ai trouvé la vidéo que je cherchais à l’accueil du site. Elle datait du 12 juin 2019 et avait pour titre « Brazilská řezničina » ce qui veut dire « boucherie brésilienne ».

InVid extension
Capture d’écran InVid

Cette trouvaille capitale m’a permis d’ajouter sur mes mots clés de recherche le mot « Brésil » et de tomber jusqu’à un article d’un site brésilien qui date de 2017. Selon l’article, la femme en question serait une brésilienne assassinée suite à une histoire de gang. Sur ce, j’ai arrêté mes recherches.

En écrivant ce billet, je suis tombé sur une publication d’une page Facebook qui a aussi trouvé une source à la fameuse vidéo.

Tout ça pour dire qu’il faut toujours vérifier la source d’une information avant de la partager ou de la commenter. Car ça peut vous éviter d’énormes problèmes.

Annadjib.

 


3 idées pour promouvoir le contenu local tchadien sur internet

Il y a 15 mois, on abordait sur ce blog la question du contenu local tchadien sur internet. Et principalement le négativisme qui caractérise la majorité des contenus qui y sont partagés, les défis des sites web et blogs tchadiens, et l’absence de propositions concrètes pour faire évoluer les choses.

Entretemps, rien n’a vraiment changé. Bien que le prix du gigaoctet de connexion internet a relativement baissé, les contenus tchadiens sur internet sont toujours à la traîne. Le « boum » des contenus tchadiens qu’on espérait n’a pas eu lieu. Pas de nouveaux contenus, tant en qualité qu’en quantité.

La question est tout autant négligée qu’avant. On pourrait même dire que cela va en s’empirant, puisque les réseaux sociaux deviennent au Tchad de plus en plus malsains.

Alors, que pourrait-on faire pour donner une nouvelle impulsion au contenu local tchadien sur internet ?

Vulgariser le nom de domaine « .td » pour une identité numérique propre

Le « .td » est l’extension du nom de domaine pays du Tchad. Avoir un nom de domaine pays est une certaine manière d’affirmer son identité numérique sur internet et de signifier que notre contenu cible et est attaché à une zone géographique donnée. Contrairement à certains pays africains qui ont mis en place des politiques et campagnes marketing pour la vulgarisation du nom de domaine national, le Tchad est resté figé.

Selon les chiffres de notre autorité de régulation des communications électroniques et des postes, le nombre de sites web utilisant le « .td » est inférieur à 500. Sachant que le Tchad compte près de 779 000 internautes, ce chiffre parait ridicule.

3 raisons peuvent expliquer cette situation :

  • La cherté du nom de domaine « .td » : il coute près de 75 000 francs CFA (environ 114 euros), soit jusqu’à 10 fois plus cher que les noms de domaines « .fr » « .com » etc.
  • Les pannes techniques des serveurs « .td » : ce qui cause l’inaccessibilité des sites pendant plusieurs heures.
  • L’absence de politique de vulgarisation du nom de domaine « .td ». Beaucoup ne savent pas pourquoi il est important d’avoir un nom de domaine pays.

Toutes ces raisons font que l’on préfère utiliser les autres noms de domaines plus accessibles, moins chers et plus pratiques.

D’ailleurs, certaines institutions et ministères tchadiens n’utilisent pas cette extension, comme par exemple le ministère du plan ou celui de la Santé, alors que d’autres utilisent des sous nom de domaines tirés de « gouv.td ». Une non harmonisation qui prouve qu’il y a vraiment un problème quelque part.

Un nom de domaine « .td » moins cher et facilement accessible à tous les internautes encouragera nos créateurs de contenus à le privilégier pour leurs sites web. Ce qui sera déjà une grande avancée.

Récompenser les créateurs de contenus pour les encourager

Ces dernières années, dans certains pays à l’exemple du Cameroun, du Mali, de la Cote d’ivoire, du Bénin… on organise de plus en plus de concours, compétitions et cérémonies où l’on récompense les acteurs du numérique et créateurs de contenus.

Ces « Digital Awards », « Blog Awards » et autres – bien qu’il y ait derrière des raisons marketing – ont l’avantage d’encourager les créateurs de contenus, car ce qu’ils font a un sens, et d’inspirer les autres internautes pour qu’ils se lancent aussi dans la création des contenus de qualité. Que ce soit par passion, par envie de gagner des prix ou pour la « célébrité » qui va avec.

Cependant au Tchad, on n’organise pas trop ce genre de concours. Les seules fois où l’on pense à récompenser les acteurs du numérique, on se focalise uniquement sur les entrepreneurs (c’est la mode).

Ce qui est malheureux, car ce que font les créateurs de contenus est tout aussi important que les réalisations des entrepreneurs du numérique et autres.  Les uns ont une passion, les autres l’amour de l’argent…

Pourquoi pas une politique de promotion du contenu local ?

Avoir une politique claire et précise de promotion du contenu local sur internet aurait l’avantage d’englober les idées énoncée plus haut et d’essayer de trouver des solutions efficaces pour remplir le web de contenus tchadiens à jours et de qualité.

Danseurs Kanem Tchad
Danseurs du Kanem à la place de la nation. Photo : Annadjib Ramadane

Prenons l’exemple des images sensées faire la promotion du tourisme au Tchad qui circulent sur internet. Pour la plupart, ces images datent et se résument juste à certains lieux. Le nord du Tchad ne se résume pas seulement aux lacs d’Ounianga et notre capitale ne se résume pas seulement à la place de la nation.

Quoi qu’il en soit, la promotion du contenu local tchadien sur internet devrait être notre combat à tous. Car comme le dit le proverbe : « Ensemble, on va plus loin ».

Annadjib.


Ces signes qui annoncent le ramadan à N’Djaména

On est à N’Djaména, capitale de la république du Tchad. La température avoisine en moyenne pendant les mois d’avril et de mai les 40° C. Malgré cette température qui, sous d’autres cieux, pourrait aisément être qualifiée de canicule, la vie suit son cours à N’Djaména. Chaque jour, les véhicules et motos défilent à toute allure sur le bitume chaud et poussiéreux. Les vendeurs ambulants, les yeux plissés et les bras chargés de marchandises se faufilent tant bien que mal dans les rues étroites et bondées des marchés de la capitale. Devant les maisons, les jeunes allongés sur des nattes, s’entassent sous l’ombre des arbres et s’éventent tout en buvant du thé bien chaud…
Malgré ce quotidien relativement calme, les plus observateurs ont déjà pu constater que le mois de ramadan n’est pas loin. Pas parce qu’ils ont vu un quelconque calendrier, mais parce qu’ils peuvent déceler à travers ce qui se passe à N’Djaména, les signes annonciateurs de ce mois sacré.

Une odeur d’« Almé Abré » dans les rues

Almé Abré, ou littéralement « eau d’Abré » est une boisson fraîche qu’on consomme au Tchad lors de la rupture du jeûne. La boisson résulte d’une préparation faite à base de mil fermenté, mélangé à des fleurs hibiscus et divers arômes, dont principalement le gingembre et la cannelle.

Almé Abré
C’est cette mixture, qui, une fois cuite, devient l’Abré. Photo : Annadjib Ramadane.

Une fois les ingrédients mélangés, la mixture est cuite dans une grande poêle jusqu’à ce qu’elle ressemble à une sorte de grande crêpe rouge et sèche.
C’est le produit fini, qui, après avoir été placé dans de l’eau froide pour un moment, est filtré et donne une boisson légèrement rouge au gout fort. On y ajoute du sucre selon notre convenance.
L’une des particularités de cette boisson, c’est qu’on ne la consomme que pendant le ramadan. Alors, à l’approche du mois sacré, certaines femmes préparent ça chez elles, en quantités destinées à la vente. C’est ainsi que dans les rues de N’Djaména, on peut sentir un peu partout l’odeur forte et particulière de ce mélange. Une odeur qui fait directement penser au ramadan.

Les mariages du ramadan

Autre chose qu’on remarque à l’approche du ramadan à N’Djaména, c’est une hausse des mariages. Beaucoup préfèrent se marier ou consommer officiellement leur union à l’approche du ramadan, car ils estiment que débuter leur vie de couple avec le mois sacré du ramadan est une bonne manière pour consolider leurs liens tant sur le plan affectif que religieux.
Par ailleurs, certains préfèrent se marier avant le ramadan pour des nécessités pratiques et économiques. Le mariage est une occasion pour éviter de dépenser des sommes faramineuses et inutiles lors des cérémonies de noces. Cet argent pourrait être économisé et utilisé pendant le ramadan à des fins plus profitables à la communauté. Comme par exemple en offrant des repas aux nécessiteux.
Dans la vie de couple, il y a parfois des moments difficiles qui peuvent se terminer par un divorce. À l’approche du ramadan, les familles font tout pour réconcilier les couples divorcés ou juste séparés. Habituellement, on dit à l’épouse de patienter car sa place est dans son foyer. Quant à l’époux, on lui demande de craindre Dieu.

Les dernières sorties dans les jardins

Vu que pendant le ramadan on ne peut ni boire ni manger en journée, les jeunes de la ville ne manquent plus une occasion pour aller passer du bon temps dans les jardins. Les sorties qui ont d’habitude lieu les weekends ont désormais lieu quasiment tous les jours.

Une partie de Monopoly, lors d’une sortie dans un jardin. Photo : Annadjib Ramadane.

On aurait également pu citer comme autre signes annonçant le ramadan : la hausse du prix des denrées alimentaires ou les longs marathons d’excès. Mais bon, Ramadan Karim à tous !

Annadjib.


Une journée à Mongo, à la découverte de la gastronomie tchadienne

Il y a quelques jours, j’étais à Mongo, ville de la région du Guéra, située à près de 500 kilomètres au Nord-Est de N’Djaména, pour prendre part à la deuxième édition de la « Journée de la gastronomie tchadienne ».

Tout d’abord, il faut savoir que la Journée de la gastronomie tchadienne a été organisée par « Guéra Touristique », une association à but non lucratif qui œuvre dans la promotion du tourisme, la valorisation de la culture et l’aide aux populations du Guéra. Une région beaucoup plus connue par ses longues chaines de montagnes – dont la fameuse « Reine du Guéra » – que par son histoire, ses cultures et ses richesses.

Reine du Guera
Depuis Mongo, on peut voir la Reine du Guéra. Une chaîne de montagne qui fait penser à une femme allongée sur le dos. Photo : Annadjib Ramadane.

La Journée de la gastronomie tchadienne avait pour but de mettre en valeur la « vraie » cuisine tchadienne. Celle où on n’utilise pas d’arômes artificiels ni d’organismes génétiquement modifiés (OGM), celle qui prend tout son temps pour bien cuire.

Un public et des exposants variés

Il est presque 11 heures et de la musique s’échappe du centre social de Mongo, lieu qui abrite la journée de la gastronomie tchadienne. À l’extérieur, quelques passants curieux s’arrêtent devant le centre pour savoir ce qui se passe. Les exposantes retardataires arrivent enfin et se pressent pour dresser leurs tables. La journée de la gastronomie tchadienne peut enfin commencer.

La cour interne du centre social de Mongo a accueilli une trentaine d’exposantes aux profils variés. Femmes au foyer, cuisinières de formations, membres d’associations féminines, de groupements ou de coopératives. Toutes étaient là pour faire découvrir leur cuisine au public, mettre en valeur les produits de leurs régions respectives et vendre leurs plats cuisinés.

Femmes Mongo
Une vue de quelques exposantes. Photo : Annadjib Ramadane.

Quant au public, il était composé principalement des populations locales, d’expatriés et de quelques invités.

Des plats variés

Les exposantes ont fait leur maximum pour nous concocter des plats traditionnels aussi variés que succulents. Pas comme à N’Djaména la capitale, où le menu à l’air de se résumer à 4 ou 5 plats…

Jarre Mongo
À Mongo, on cuit parfois la nourriture dans des jarres en terre cuite. Photo : Annadjib Ramadane.

Il y avait donc, entre autres, de la bouillie faite à base de fruits du savonnier, de la sauce poulet cuite à base de pâte de sésame, des haricots accommodés à de la pâte d’arachide, de la pâte dite « chalop », et tout un assortiment de sauces et de desserts.

Boule de mil rouge
Du Digari ou boule de mil rouge très appréciée à Mongo. Photo : Annadjib Ramadane.

A la capitale, nous sommes plutôt habitués à manger des plats cuisinés avec des arômes artificiels, cela fait que, par moment, leurs plats avaient l’air de ne pas être assez salés pour nous.

Haricot Mongo
On appelle ce plat « Haricot Endurance » car il est fait à base de haricot et de pâte d’arachide. Photo : Annadjib Ramadane.

Quoi qu’il en soit, on s’est bien régalés.

Marrara Tchad
Des tripes ou Marrara. Photo : Annadjib Ramadane.

Les plats coûtaient entre 500 Fcfa et 2000 Fcfa.

Kissar Gombo
Kissar sauce gombo. Photo : Annadjib Ramadane.

Il y avait beaucoup de plats inconnus pour moi.

Igname Mongo
Warchangalli. Une spécialité N’Djaménoise faite à base d’ignames et de viande. Photo : Annadjib Ramadane.

Et puis, il y avait les desserts…

Du gougour au lait. Photo : Annadjib Ramadane.

Le fameux Halou fi assiette…

Gelée à la tchadienne.
Hallou fi assiette. Une gelée délicieuse. Photo : Annadjib Ramadane.

 

Visite rapide de Mongo avant le retour

La journée de la gastronomie tchadienne se termina aux alentours de 17 heures. Vu qu’on devait rentrer à la capitale le lendemain matin, on a profité de notre temps libre pour nous promener en ville, fouler le sol rouge et poussiéreux de Mongo et escalader quelques rochers.

L’ancien gouvernorat de Mongo. Photo : Annadjib Ramadane.

Mon séjour à Mongo fut court mais riche en enseignements. Comme l’a dit une exposante : « On doit valoriser notre culture à travers sa cuisine ».

Cuisine de Mongo.
Pour finir, ce qu’on a mangé avec les amis. Photo : Annadjib Ramadane.

Annadjib.