Ma visite au parc national de Zakouma

Entrée du parc national de Zakouma. Photo : Annadjib Ramadane.

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Du 17 au 21 janvier dernier,  j’ai pu visiter le parc national de Zakouma. Cette visite a eu lieu dans le cadre d’un Bootcamp, organisé par le club anglais du centre culturel Al Mouna de N’Djaména, en partenariat avec l’office national de promotion du tourisme.

Le parc national de Zakouma est situé à environ 800 kilomètres au sud-est de la capitale tchadienne, N’Djaména. Avant l’indépendance du Tchad, c’était une zone de grande faune où beaucoup de colons venaient chasser. En 1958, le parc est devenu une réserve et c’est en 1963 qu’il devient officiellement le premier parc national du Tchad. Le parc de Zakouma couvre une superficie de 3000 kilomètres carrés où il est interdit de chasser, de pêcher, de couper des arbres, d’introduire du bétail et d’y habiter.

Entrée du parc national de Zakouma. Photo : Annadjib Ramadane.

Zakouma, un espace de tourisme

Le parc national de Zakouma a accueilli pendant la saison touristique de 2017, 2225 touristes originaires du Tchad, d’Europe et des États Unis, soit une augmentation de 83% par rapport à 2016. Chiffre résultant probablement de la stratégie marketing et de communication mise en place ces dernières années au parc.

Le parc de Zakouma a un « tourisme à 3 niveaux ». Pour les VIP, il y a un hôtel où la nuitée coûte près de 130 euros à l’intérieur du parc.

Vue des chambres d’hôtel de Zakouma. Photo : Annadjib Ramadane.

Pour ceux qui ont de gros moyens, il y a un camp nomade très demandé, avec des tentes venues d’Afrique du Sud, et dont l’effectif est de 8 à 10 personnes. Dans le camp nomade, la nuitée coûte 700 dollars et les réservations sont pour le moment pleines jusqu’à 2021. Le camp nomade est situé près des couloirs de migration des animaux. Ce qui fait qu’on n’a pas besoin de se déplacer en voiture pour les voir. Toute la faune de Zakouma défile quotidiennement sous les regards émerveillés de ceux qui ont de quoi s’offrir un tel spectacle.

Un éléphant au Parc National de Zakouma. On peut voir son collier GPS. Photo : Taoufiq Quaresma.

Et enfin, il y a un camp de passage gratuit, pour les simples visiteurs comme nous. C’est simple, on mange à la belle étoile et on peut même voir des hyènes roder en soirée.

Vue de notre habitation. Photo : Annadjib Ramadane.

En ce début d’année, le célèbre magazine Bloomberg a classé le parc national de Zakouma comme l’une des 21 destinations touristiques à visiter dans le monde en 2019. Preuve que le parc national de Zakouma est l’une des destinations touristiques incontournables au Tchad et même dans le monde.

Zakouma, un espace riche en faune et en flore

La diversité en faune et en flore du parc national de Zakouma en a fait un espace de recherche scientifique incontournable au Tchad.

Il y a plein de girafes à Zakouma. Pas besoin d’aller loin pour les trouver. En plus, elles prennent la pose quand elles voient une voiture… Photo : Taoufiq Quaresma.

 

Une des voitures de tourisme. Photo : Annadjib Ramadane.

En chiffre, le parc compte approximativement :

  • Plus de 1000 espèces fauniques,
  • Plus de 600 espèces floristiques,
  • 371 espèces d’oiseaux dont les migrateurs viennent de destinations aussi éloignées que l’Europe de l’est (aigles),
  • 66 grands mammifères,
  • 44 espèces de poissons.

Zakouma, plus qu’un parc : une entreprise

Gérer les 3000 kilomètres du parc pour un État comme le Tchad qui n’a pas de grands moyens n’est pas chose facile. C’est ainsi que depuis 2010, en vertu d’un partenariat public-privé avec le gouvernement tchadien, le parc national de Zakouma est dirigé par l’ONG African Parks.

Le parc est géré comme une entreprise avec un conseil d’administration où toutes les décisions sont prises et un conseil de gouvernance.

Ayant comme autre partenaire de choix l’Union Européenne, il a été initié depuis quelques années un renforcement des capacités des ressources humaines du parc, car il faut préciser que 25 gardes sont tombés sous les balles des braconniers.

Le parc dispose de deux avions (dont un offert par une personne de bonne volonté) chargés de la surveillance aérienne (60 heures de vol par mois).

Les réalisations dans le domaine social du parc

Lors de notre séjour à Zakouma, on a eu l’occasion de visiter l’école primaire et le lycée de Goz-Djarat, village située juste à l’entrée du parc.

Les membres du club d’anglais ont effectué un service communautaire (nettoyage de la cour, don de matériels scolaires, de vêtements et discussions avec les élèves).

L’école et le lycée ont été construits avec des briques fabriquées par une machine offerte au parc par un donateur. Le lycée a un internat de 60 élèves qui seront accompagnés jusqu’à l’université par le parc, un salle multimédia (la seule de la région) et une bibliothèque (avec des bandes dessinées). Le parc a également construit dans le village un centre de santé et divers points d’eau.

J’ai oublié le nom de cet animal, mais en arabe tchadien, on l’appelle : Tétal. Photo : Taoufiq Quaresma.

Pour conclure, quelques informations utiles

  • Le Tchad a déposé la candidature du parc national de Zakouma pour qu’il entre au Patrimoine mondial de l’Unesco,
  • Un village animiste très ancien a l’autorisation depuis 1963 de vivre à l’intérieur du parc selon ses us et coutumes,
  • Le parc ne possède pas d’espèces endémiques, cependant on a plus de 30% de l’effectif mondial de la girafe du Kordofan.

Des crocodiles. Photo : Taoufiq Quaresma.

Le parc national de Zakouma est un endroit à visiter absolument, surtout pour la génération tchadienne hyper connectée qui ne fait que s’extasier devant les photos de nos richesses touristiques, mais ne pense jamais à aller voir ça de plus près.

Annadjib.

9 Commentaires

  1. Merci beaucoup pour cet article très intéressant qui met en valeur la richesse de Zakouma. J’ai fais un moi a Zakouma en 2014 et je témoin qu’il n’y a aucun mot pour décrire combien cet endroit est merveilleux. Il faut juste aller découvrir.

  2. C’est une très belle initiative de mettre
    en valeur la potentialité touristique et culturelle de notre pays. Le Tchad est très riche dans ce domaine. Il faut que la jeunesse se rendent au parc pour qu’ils puissent découvrir les choses dans la vraie vie . Je salue cette acte et je vous remercie.

  3. Il faut aussi noter que les pachydermes sont beaucoup convoités par les braconniers. Le Parc de Zakouma a perdu plus de la moitié de ces elephants en seulement deux decennies. Actuellement, un dispositif de suivi écologique est mis en place pour controler les mouvements des elephants et d’avoir en temps reel en cas d’attaque de braconniers

  4. bsr,c’est avec un grand interet q jai lu votre article qui m’a donné une connaissance elargie sur notre patrimone.Je suis en master ecologie et j’aimerai passé mn stage pendant ces vaccances au parck.comment faire?

  5. Bonjour,

    Très intéressant blog. Je rêve de visiter le Tchad et notamment le par Zakouma. Connaissez-vous une agence qui organise la visite de ce parc? J’ai beaucoup de mal à en trouver une.
    Qu’en est-il de la situation sécuritaire au Tchad?

    Merci à vous.

    Valérie

    1. Salut et merci du commentaire.
      Pour la visite, African Parks, l’ONG qui gère le parc, permet de faire des réservations via son site. Pour les contacter, suivez le lien https://fr.africanparks.org/les-parcs/zakouma
      Quant à la situation sécuritaire, je pense que la zone abritant le parc, est sans dangers. Mais pour plus d’informations, merci de contacter la direction du parc à ce numéro : + 235 66 28 18 50.

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