Le Tchadien a peur de la femme

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Au Tchad, une femme est forcément faible, soumise, une ménagère s’occupant tel un automate des affaires du foyer sans rechigner. Mais des que cette dernière ose, s’émancipe et commence à entreprendre, elle devient victime de railleries, jalousies et autres ragots comme on en connait chez nous. Le problème c’est que le tchadien basique, pour ne pas dire grossier, a, inscrit dans ses gènes le mépris de la femme. Ce mépris démesuré s’explique par plusieurs facteurs socio-culturels dont le plus important est la peur de la femme.

Le tchadien a peur d’une femme qui entreprend

Une femme au foyer, assez occupée par ses tâches quotidiennes ne pose pas de problème. Seul l’apport financier mâle est considéré comme l’essentiel dans la famille et est donc justificatif du pouvoir. Le jour où la femme fatiguée d’attendre sa pécule journalière décide de voler de ses propres ailes est cause d’une avalanche dans son foyer. Très tôt la femme devient victime de railleries, sarcasmes de mauvais goûts de la part de ceux ( même ses soeurs) à qui elle a parlé de ses projets. En général la femme après se déferlement de mauvaise foi de la part de son entourage abandonne, persuadée qu’elle n’est qu’une bonne à rien. Parfois malgré les obstacles elle ose, trébuche, se relève et quand elle sent déjà le succès, l’homme a peur qu’elle le rejete.

Le tchadien a peur de se faire rejeter par la femme

L’une des peurs du tchadien est de perdre le contrôle du foyer au profit de sa femme tant indépendante financièrement qu’intellectuellement. Chez nous au Tchad les foyers dans lesquels la femme travaille et a un patrimoine supérieur au mari sont minoritaires. On raconte qu’une femme indépendante devient invivable, arrogante, bref dangereuse. La vie du foyer ne tient plus qu’à un fil, disons qu’il ne tient plus qu’à l’humeur de la dame.

Imaginez un fonctionnaire victime d’arriérés de salaire, son épouse independante assumera les charges du foyer sans arrière pensée ( c’est son devoir se dira-t-elle) mais l’homme frustré se sentira comme émasculé, réduit a n’etre que l’ombre de lui même. Le comble serait qu’elle le quitte car il n’est plus qu’un figurant dans le couple.

Le tchadien a peur de la vengeance de la femme

La vie de la femme tchadienne n’est pas facile, elle est quotidiennement victime de mépris, que ce soit au boulot, dans la circulation, au marché. Chez nous on la traite de Mara Sakit qui veut dire « femme seulement », essayez de prononcer Mara Sakit  en y mettant tout votre mépris, toute votre haine et là vous imaginerez un peu ce que sentirait une femme qui se fait interpeler comme ça chaque jour.

En parlant de Mara Sakit, à l’époque ou je fréquentais les carrefours  une femme passa devant nous au volant de sa voiture et à l’intérieur y avait un homme avec elle, ce qui choquait le plus c’est qu’elle conduisait. Et voilà qu’un larron qui n’avait sûrement pas un pneu de vélo l’appartenant de dire : jamais je n’entrerai dans une voiture conduite par une Mara Sakit. 

Cette pensée résume le point de vue de beaucoup qui ne sont pas prêts à voir une femme les dépasser, et des qu’elle réussit on a peur de la voir devenir sans pitié envers ceux qui l’a méprisaient.

Quand je vois une supérieure hiérarchique très dure j’essaie de la comprendre et d’imaginer tout ce qu’elle a pu endurer.

Heureusement tout ça change petit à petit. Maintenant quand on voit une femme taximan, on l’a félicite et on attend le prochain taxi.

Annadjib

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2 Commentaires

  1. Mdrrrrrrrrrrrrr. je suis dead par cette dernière phrase : »Heureusement tout ça change petit à petit. Maintenant quand on voit une femme taximan, on l’a félicite et on attend le prochain taxi. »

    Et toi alors, as-tu peur de la femme (tchadienne )?

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