Calvaire d’un fonctionnaire tchadien

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Les mesures d’austérités ne choisissent pas leurs victimes et ainsi achèvent les plus faibles. 

La crise est arrivée et parmi ses principales victimes il y a les fonctionnaires qui, non préparés, vivent ces derniers mois un véritable enfer. 

Bechir, est un brave fonctionnaire tchadien, la cinquantaine et père de 4 enfants.

La déception se lit sur son visage crispé. Bechir est fonctionnaire depuis déjà 25 ans. Depuis son arrivée à la fonction publique il en a vu de toutes les couleurs. Humiliations, mépris, l’impression d’être invisible et de n’être qu’une machine dont le quotidien n’est que de traiter des documents. Il a même eu comme chef de service quelqu’un ayant l’âge de son fils, et même ça il l’a enduré en espérant qu’un jour, il changera de place dans cette hiérarchie qui privilégie plus les liens de sangs et opinions politiques que le travail.

On approche déjà de la fin du mois et toujours rien. Aux 3 mois d’arriérés de salaire vient s’ajouter un 4ème.

Bechir est de ceux qui n’ont aucune autre ressource que leur salaire pour faire subsister leur famille. La crise, il ne s’y était pas préparé (comme tout le monde). Les dettes s’accumulent tout comme la haine contre ceux qui ont plongé le pays dans l’état dans lequel il se trouve.

Ses problèmes financiers du passé ne sont rien comparés à ceux qui l’attendent, la rentrée scolaire est arrivée, les établissements privés ont débutés les cours mais rien pour inscrire ses enfants, «  c’est décidé  » se dit-il, ses enfants iront à l’école publique et d’ailleurs pour réussir le plus important c’est d’y mettre de la volonté.

Malheureusement les enseignants eux aussi toujours pas payés décident de faire grève, les étudiants suite à la suppression de leur bourse décident de programmer des manifestations. Décidément la rentrée est plus qu’incertaine. Son fils aîné a eu le bac et comme ses rêves de bourses d’études sont partis en fumées, Bechir se sent incapable de ne pouvoir permettre à ses enfants d’étudier dans un environnement sain, autre que celui des manifestations à répétition, des années blanches et élastiques.

Le téléphone de Bechir sonne, serait-ce le salaire qui est enfin tombé ? Non, ce n’était que le bailleur qui vient de lui donner ultimatum.

Annadjib 

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